Y4HPH4U3 (2026-2027) : Histoire de la philosophie 3, L2-S4 (D. Popa & N. Antoszkiewicz)

Y4HPH4U3 : Histoire de la philosophie 3

Le concept de pulsion
Délia Popa

Résumé

Dans ce cours, nous retracerons la généalogie philosophique du concept de pulsion. Souvent rapproché de l’instinct, et faisant ainsi signe vers une philosophie du corps et de ses besoins, le concept de pulsion a une portée philosophique plus vaste, qui concerne le rapport complexe de la pensée au corps, à ses affects, et à ses passions. Plus en avant, c’est l’enjeu d’une pensée incarnée, de ses motivations et de ses orientations, que le concept de pulsion nous incite à approfondir et à clarifier. La pulsion se voit reconnaître toute son ampleur conceptuelle – épistémologique et pratique – au sein de la psychanalyse freudienne : en tant que subtile charnière de la vie somatique et de la vie psychique, elle délimite leurs domaines respectifs, tout en articulant son propre développement et ses « vicissitudes », en bifurquant en pulsion de vie et pulsion de mort. Nous commencerons le cours en prenant la mesure de l’importance de ce cadre psychanalytique où la pulsion gagne toute sa teneur problématique, pour procéder ensuite à l’exploration de sa généalogie philosophique, en partant de Spinoza, Leibniz et Kant, en passant par Fichte, Hegel et Schelling, pour arriver à Schopenhauer et Nietzsche. Au long de ce parcours, nous interrogerons le rapport de la pulsion à l’affect, au désir, à la puissance, à la liberté, à la nature, au devoir, à l’amour et à la sexualité.

Bibliographie :

E. Kant, Critique de la faculté de juger, tr. A. Renaut, Paris, Flammarion/Poche, 2020.

J. G. Fichte, La doctrine de la science Nova Methodo (1796-1799), tr. I. Thomas-Fogiel, Paris, 2000.

G. W. F. Hegel, Encyclopédie des sciences philosophiques – Tome II, Philosophie de la nature, Edition établie par B. Bourgeois, Paris, Vrin.

F. W. J. Schelling, La Liberté humaine, suivi de « Controverses avec Eschenmayer », tr. B. Gilson, Paris, Vrin, 2000.

A. Schopenhauer, Le Monde comme volonté et comme représentation, PUF/Quadrige, 2014.

F. Nietzsche, La Généalogie de la morale, tr. P. Pénisson, O. Hansen-Løve, T. Leydenbach et É. Blondel, Paris, Flammarion, 2023.

G. Deleuze, Nietzsche et la philosophie, Paris, PUF, 1962.

S. Freud, Métapsychologie, tr. J. Laplanche et J.-B. Pontalis, Gallimard/Poche, 1986.

M. Henry, Philosophie et phénoménologie du corps, Paris, PUF/Epimethée, 1965.

M. Henry, Généalogie de la psychanalyse, Paris, PUF/Epimethée, 1985.

P. Ricoeur, De l’interprétation : essai sur Freud, Paris, Points/Points essais, 1995

R. Bernet, Force, pulsion, désir. Une autre philosophie de la psychanalyse, Paris, Vrin, 2013.

C. Dejours, Le corps d’abord. Corps biologique, corps érotique et sens moral, Paris, Payot et Rivages/Petite bibliothèque Payot, 2018.

J.-M. Vaysse, L’inconscient des Modernes. Essay sur l’origine métaphysique de la psychanalyse, Paris, Gallimard/Tel, 1999.

Le concept d’esprit chez Hegel
Nicolas Antoszkiewicz

Résumé

La philosophie hégélienne constitue l’une des tentatives les plus ambitieuses de l’histoire de la pensée pour saisir le réel de manière à la fois totale et dynamique. Au cœur de ce projet se trouve le concept d’Esprit (Geist) qui traverse l’ensemble du système, de la Phénoménologie de l’esprit à l’Encyclopédie des sciences philosophiques, et dont la compréhension conditionne celle de la philosophie hégélienne dans son ensemble.

Ce cours propose une introduction au concept d’Esprit chez Hegel, en en restituant la genèse et les enjeux systématiques. Nous nous attacherons d’abord à distinguer l’Esprit des notions issues de l’histoire de la philosophie auxquelles on pourrait être tenté de le réduire comme l’âme, la conscience, le sujet ou encore la raison. Nous montrerons ensuite comment l’Esprit se déploie dialectiquement à travers ses trois moments fondamentaux (esprit subjectif, esprit objectif et esprit absolu) chacun constituant une sphère où la liberté se réalise progressivement. Nous essaierons enfin de mesurer l’importance de ce concept d’Esprit au regard des débats qu’il suscite dans la philosophie contemporaine autour des interrogations sur le sens de l’histoire, sur la responsabilité morale et politique, ainsi que sur la nature des relations intersubjectives.

Bibliographie indicative :

Édition de référence du cours : G. W. Hegel, La phénoménologie de l’esprit (tomes 1 et 2), Paris, Aubier-Montaigne, trad. J. Hyppolite, 1947.

Nous donnerons également les références dans cette autre traduction plus accessible en librairie: G. W. Hegel, Phénoménologie de l’esprit, Paris, Vrin, trad. B. Bourgeois, 2006.

Nous nous rapporterons ponctuellement à d’autres œuvres du corpus hégélien comme les Leçons sur l’histoire de la philosophie, l’Esthétique ou les Principes de la philosophie du droit.

Littérature secondaire :

  • J. Hyppolite, Genèse et structure de la Phénoménologie de l’esprit de Hegel, Paris, Aubier, 1946.

  • J. Hyppolite, Logique et existence. Essai sur la logique de Hegel, Paris, PUF, 1991.

  • A. Kojève, Introduction à la lecture de Hegel, Paris, Gallimard, 1971.

  • J.-F. Kervégan, L’effectif et le rationnel. Hegel et l’esprit objectif, Paris, Vrin, 2007.

  • O. Tinland, L’idéalisme hégélien, Paris, CNRS Éditions, 2013.

  • C. Taylor, Hegel et la société moderne, Paris, Cerf, 1998.

  • G. Lebrun, La patience du concept. Essai sur le discours hégélien, Paris, Gallimard, 1972.

  • B. Longuenesse, Hegel et la critique de la métaphysique, Paris, Vrin, 1981.