Y4HPH1U3 : Philosophie générale
Le sujet (CM)
Etienne Ménard
Résumé
Le problème de la nature et de l’unité de la subjectivité constitue un élément central de l’histoire de la philosophie. Si, du point de vue logique, le sujet est ce dont on dit quelque chose, la réflexion métaphysique en a également fait le substrat immuable du changement, jusqu’à l’identifier à l’âme en tant que celle-ci serait à la fois le support de la personnalité et l’origine de la pensée et de la sensation. Mais précisément dans la mesure où il est l’origine et non le point d’aboutissement de cette pensée et de cette sensation, le sujet se distingue également de l’objet en ce qu’il ne possède pas, en tant que tel, les propriétés objectives d’une chose du monde. En retraçant dans un tel horizon problématique la constitution et les transformations de l’idée d’âme et les dualismes qui lui sont liés, des conceptions platonicienne et aristotélicienne à la théorie cartésienne du sujet comme res cogitans, ce cours aboutira finalement aux critiques modernes d’un tel sujet métaphysique. Ces dernières (analysées à travers Locke et Hume), fondées sur le constat du caractère dynamique de la vie perceptive ou de changements radicaux pouvant affecter la personne, ont ainsi proposé des alternatives critiques à la position cartésienne, débouchant sur la conception kantienne du sujet transcendantal comme condition de possibilité de l’unité d’une représentation.
Les séances de travaux dirigés associés à ce cours seront consacrées à l’examen de textes et de problèmes liés à cette thématique.
Bibliographie
Platon, Phèdre, 245c-249d, trad. L. Brisson, Paris, Flammarion, 2020
—, République, IV-VI, trad. G. Leroux, Paris, Flammarion, 2025
Aristote, Métaphysique, Γ, 1-2 et Ζ, trad. M. P. Duminil & A. Jaulin, Paris, Flammarion, 2025
—, De l’âme, II, 1-3, trad. R. Bodéüs, Paris, Flammarion, 2018
Descartes R., Méditations métaphysiques, II et VI, Paris, Flammarion, 2025 [1641]
Locke J., Essais sur l’entendement humain, II, 27, trad. J.-M. Vienne, Paris, Vrin, 2020 [1690]
Hume D., Traité de la nature humaine, I, 4, section 6, trad. M. Malherbe, Paris, Vrin, 2022 [1739-1740]
Kant I., Critique de la raison pure, § 16-19 et « Paralogismes de la raison pure », trad. A. Renaut, Paris, Flammarion, 2026 [1781]
Les recompositions du sujet chez Nietzsche (CM)
Dylan Guével
Résumé
La notion de sujet se constitue au croisement d’une connaissance anthropologique de l’homme (savoir ce qu’est un individu humain), et de l’expérience réflexive de soi (pouvoir s’expérimenter soi-même comme étant d’abord ce que je pense et ce que je veux). Les conceptions classiques du sujet insistent plutôt sur ce second versant : le sujet serait principalement du côté de sa conscience, libre et transparent à lui-même. La pensée de Nietzsche se caractérise au contraire par l’insistance sur les aspects subconscients de l’existence humaine qui déterminent et troublent le rapport de l’individu à lui-même. On verra ainsi la place que Nietzsche veut laisser aux concepts d’instincts, de valeurs, et de mœurs dans la compréhension et la définition de soi, ce qui suppose aussi de se faire une autre idée de la psychologie, du corps et de la société. En définitive, Nietzche caractérise un sujet qui n’est plus une totalité cohérente mais un devenir en tension.
Bibliographie
Celles et ceux qui voudraient se lancer à l’avance dans des lectures peuvent commencer par : Humain, trop humain, sections I (« Des choses premières et dernières »), II (« Pour servir à l’histoire des sentiments moraux ») et IX (« L’homme avec lui-même »).
Nietzsche Friedrich, Humain, trop humain, GF Flammarion, 2019
Nietzsche Friedrich, Humain, trop humain 2, GF Flammarion, 2019
Nietzsche Friedrich, Aurore, GF Flammarion, 2012
Nietzsche Friedrich, Gai Savoir, GF Flammarion, 2020
Nietzsche Friedrich, Généalogie de la morale, GF Flammarion, 2023
Wotling Patrick, La philosophie de l’esprit libre : introduction à Nietzsche, Flammarion, 2008.
Le sujet (TD philo)
Etienne Ménard
Résumé
La notion de sujet se constitue au croisement d’une connaissance anthropologique de l’homme (savoir ce qu’est un individu humain), et de l’expérience réflexive de soi (pouvoir s’expérimenter soi-même comme étant d’abord ce que je pense et ce que je veux). Les conceptions classiques du sujet insistent plutôt sur ce second versant : le sujet serait principalement du côté de sa conscience, libre et transparent à lui-même. La pensée de Nietzsche se caractérise au contraire par l’insistance sur les aspects subconscients de l’existence humaine qui déterminent et troublent le rapport de l’individu à lui-même. On verra ainsi la place que Nietzsche veut laisser aux concepts d’instincts, de valeurs, et de mœurs dans la compréhension et la définition de soi, ce qui suppose aussi de se faire une autre idée de la psychologie, du corps et de la société. En définitive, Nietzche caractérise un sujet qui n’est plus une totalité cohérente mais un devenir en tension.
Bibliographie
Celles et ceux qui voudraient se lancer à l’avance dans des lectures peuvent commencer par : Humain, trop humain, sections I (« Des choses premières et dernières »), II (« Pour servir à l’histoire des sentiments moraux ») et IX (« L’homme avec lui-même »).
Nietzsche Friedrich, Humain, trop humain, GF Flammarion, 2019
Nietzsche Friedrich, Humain, trop humain 2, GF Flammarion, 2019
Nietzsche Friedrich, Aurore, GF Flammarion, 2012
Nietzsche Friedrich, Gai Savoir, GF Flammarion, 2020
Nietzsche Friedrich, Généalogie de la morale, GF Flammarion, 2023
Wotling Patrick, La philosophie de l’esprit libre : introduction à Nietzsche, Flammarion, 2008.
De Nietzsche à Foucault (TD PASS et socio)
Dylan Guével
Résumé
Foucault s’est donné pour tâche de repenser la figure du sujet après et à partir de Nietzsche. De celui-ci, il tire tout particulièrement une leçon : le sujet n’est pas une donnée éternelle, mais il a une histoire. Penser les sujets tels qu’ils apparaissent à une époque donnée suppose de reconstituer des généalogies tissées de plusieurs fils : une histoire des savoirs par lesquelles des groupes et des institutions appréhendent le matériel humain, et par lesquels ils participent à les définir et à les construire ; une histoire des pouvoirs au travers desquels des corps et des esprits sont assujettis ; et une histoire des « techniques de soi », des pratiques spirituelles et physiques par lesquelles les sujets s’affectent eux-mêmes en s’efforçant de se connaître et de faire l’expérience d’eux-mêmes. Ce cours constituera une introduction à une partie de l’œuvre de Foucault, en la rattachant à certaines perspectives ouvertes par Nietzsche. Il explorera tout particulièrement le lien que Foucault établit entre sujet, savoir et pouvoir, donnant ainsi sa dimension politique à la subjectivité.
Bibliographie
Foucault Michel, Surveiller et Punir, Gallimard, 1993.
Foucault Michel, Histoire de la folie à l’âge classique, Gallimard, 1976
Foucault Michel, Nietzsche, Gallimard, 2024
Foucault Michel, « Qu’est-ce que les Lumières ? », in Dits et écrits, IV 1984, Gallimard

